dimanche 20 mai 2012

Le Cercle Bleu



Dès le début du conflit étudiant, ma tête était ailleurs, loin des mécontentements. Trop occupée à panser mon cœur en charpie, les échos d’une chicane entre étudiants et gouvernement me semblaient tellement futiles face à la montagne de douleur que j’avais à surmonter que je ne m’y suis pas attardé ou si peu …

Miss Destiny m’a mis un voyage de job sur le chemin de la guérison et je m’y suis agrippé comme si ma vie en dépendait, amenant son lot d’activités professionnelles foisonnantes qui me tenaient loin des idées moroses et de la bisbille croissante. Elle a aussi remis l’homme que j’aime bien en place dans ma vie nouvellement bousculée. Tourbillon, tourbillon ! Autant dire qu’une réflexion sur l’augmentation des frais de scolarité passait en énième dans mes  priorités. J’avais tellement d’autres drinks à shaker !!!

Puis l’Espagne et son tournage farfelu dans des locations apocalyptiques avec des inconnus. Mais toujours mes journaux électroniques à reluquer au passage pour me rendre compte que la pagaille était prise dans mon chez nous natal … Les statuts Facebook enflammés, les obstinages qui virent en querelles, les amis virtuels qui se « unfriend », les vidéos d’informations démagogiques, les cris du cœur, les drama-queen, les carrés rouges, verts, jaunes, blancs et noirs, des articles à toutes les sauces massivement déployés et d’autres injustement oubliés. Des connaissances qui ne me paraissaient pas politisés auparavant devenant des émules diluées de Chantal Hébert, des gens ultra politisés devenus enragés et sans nuances et d’autres qui menacent de déménager en Suède !



Ça y’est, il n’en fallait pas plus pour que je me mette à lire TOUT ce que les journaux avaient à dire, à bouffer du lien internet sur qui est qui , qui dit quoi, faire analyser certains contenus qui me laissait pantoise par des spécialistes du sujet choisi (économie, socio, politique toute couleur confondue) et essayer tant bien que mal de me faire une opinion, la mienne, pas celle de mon homme, pas celle de ma famille, pas celle des émotifs drapés dans la vertu, pas celle de ceux et celles qui mélangent tous les sujets, pas non plus celle de la vieille garde archi conservatrice, la mienne d’opinion. Je me suis officiellement posée les questions : Hey Shirley ? Tu veux quoi toi comme Province ? Tu veux quoi comme vie Occidentale avec tout ce que ça compte de bien et de moins bien ? Tu veux qui comme PM ? Tu veux quoi comme droit fondamental ? Qu’est-ce que tu veux voir changer, qu’est-ce que tu souhaites garder de tes acquis ? As-tu un carré d’une couleur précise à porter ?

Et c’est là que j’ai eu une illumination tendance artistique ! J’ai fait des recherches basics sur les formes géométriques et sur les couleurs. Pas mal pour une introspection personnelle hein ? J’en ai conclu que je porterai dès ce jour un Cercle Bleu. Puisqu’aucun de ces groupes beuglants leur colère ne m’a épatée à ce jour, je me lèverai seule, tel David devant un Goliath multicolore, ne me laissant pas séduire par les mots joliment enlignés des bien-pensants, je ne me laisserai pas embrigader par les potes de Marine Lepen, je ne lancerai pas de boule de billard au corps policier et je n’arriverai pas à me positionner en plein milieu, me faisant l’arbitre de tous ces groupes aux idéaux bien brumeux et je ne tenterai pas d’arrêter la fougue de mes enfants qui malgré tout, issue pas issue, auront de belles histoires à raconter à leurs enfants. Non …

Si il faut me mettre dans une case, m’étiqueter à tout prix, me forcer à prendre un camp, je devrai inventer mon propre royaume avec son propre drapeau ! Parce que mon idéal n’est nulle part en ce moment ! Je me sens seule ! Très seule ! En plus de tout mélanger en politique (municipal, provincial et fédéral), de ne rien y connaitre, j’avoues que je suis prise dans mes rigidités d’apprentissage; si c’est pas l’fun, je comprends rien, je n’apprends pas et je ne retiens le un millième des infos. Comme 80% de la population quoi … Je suis donc bien mal barrée pour y voir clair.

Par contre, je suis juste assez curieuse et instinctive pour me rappeler de ce qui est important pour moi et les autres et de m’intéresser à savoir comment le reste du monde vit. Liberté, égalité, paix, amour, santé et nourriture ! On dirait presque des vœux de bonne année !

C’est basic en tabourette ! Sauf qu’on a pris ça pour acquis. La personne qui me représenterait le mieux n’existe pas. Si je devais la construire moi-même, cette personne aurait la résilience et le courage de Pauline, la rigueur intellectuelle de Bachand, le front de Legault, le feu de la passion de Duceppe , la solidité de Parizeau, l’entrepreneurship de Charest (oui oui) et l’intelligence de la vision de René Lévesque. Elle aurait comme médecin de famille Amir et comme ministre de l’agriculture Elizabeth, aux services de la famille la belle Françoise et Mr Tremblay aux relations publiques, lui capable de nous faire passer pour gentil les pires trou-du-cul de la Ville de Montréal et pour finir, nos 3 mousquetaires étudiants comme recteurs d’Université ! Maintenant que mes élans de Docteur Frankenstein sont aboutis, je dois y mettre un logo, tout bon projet a son logo right ?!?

Le Cercle  (définition au milieu de la page )

Bleu (définition complete de la couleur , le reste des couleurs utilisées durant ce conflit sont à lire aussi)

Confirme trop bien ma pensée, mon idéologie de garder mes acquis, d’aérer le pourri, de s’enrichir chez nous avec tout ce que notre bout de planète contient de fabuleux, de donner une chance à ceux qui n’en n’ont pas, de laisser un peu plus de responsabilité à chaque citoyen, de ne pas tout faire gérer par un état-roi, de changer ce qui ne fonctionne plus, de décrotter la gangrène ambiante au sein des dirrigeants, accepter que ceux qui travaillent fort récoltent le fruit de leurs efforts sans passer pour  louches, être fiers de ce que nous sommes, inviter les autres à bras ouverts sans les transformer en fardeau, être conciliant devant une main tendue mais rester ferme si il y a de l’abus, se serrer la ceinture un peu, inventer beaucoup !

Comme d’habitude, je n’apporte pas de solution concrètes, je ne me prends pas pour une économiste, je ne me targue pas de conscientiser la masse et je ne blâme pas tout le monde non plus. J’en ai juste marre de la gronde, je n’en peux plus de la démagogie, j’ai soif de vérité et de justice POUR TOUS, pas juste pour le clan qui gueule le plus fort …



En gros, je veux la paix dans le dialogue et dans la recherche active changement. Mais tout le monde se chicane et moi la chicane, j’haïs ça !


samedi 28 avril 2012

Épopée Iberique


À répéter jusqu’à ce qu’on saigne du nez : « It’s LOCATION, not VACATION ! »



Arrivées à l’aéroport de Malaga après un retard de deux heures à Montréal, après avoir failli manquer notre connexion à Charles de Gaulle, couru un bon quinze minutes dans ce stade plein d’escaliers, de pancartes, de signes cabalistiques colorés, de flèches dans un sens qui ne nous dit pas grand-chose , avec nos ‘tites valises à roulettes pas conçues pour la course à pied, nous avons béni la grève des contrôleurs aérien retardant notre vol et on a écrasé nos derrières pas trop habitués à tant de secousses athlétiques dans un petit avion qui devait nous trimbaler jusque sous les cieux bleus Andalous ! Plus l’avion est petit, plus il brasse et plus je prie Ganesh ou Éole, enfin un Dieu quelconque qui passe par là … Je hais prendre l’avion ! Les bébés qui hurlent, les fatigués qui ronflent, ceux qui parlent fort, ceux qui sentent mauvais, ceux qui pètent les plombs sur les bébés qui pleurent et brassent le banc des mamans allaitantes (j’en suis encore traumatisée ! ), les drinks dégueu et la bouffe en plastique … BEUUURK !!! 
Mais bon, faut ce qu’y faut comme dirait l’autre … Tant qu’on n’aura pas réglé l’invention du « Beam-me-up-Scotty-2015 », l’avion s’impose si on veut sortir plus loin qu’au dépanneur. Pas l’choix …

Atterris en sécurité, on a du se rendre à l’évidence que nos valises n’avaient pas suivies, après 10 000 conversations en Anglais-Espagnol-Français-Mime-Marceau avec le staff de l’aeroportura, nos biens ne nous seraient remis que 36 heures plus tard : TOU-JOURS-AVOIR-UNE-TITE-VA-LI-SE-AVEC-UN-TI-KIT-DANS-L’A-VI-ON !!!! Vous viendrez pas me dire que je ne vous l’ai pas dit !
Deux heures de voitures plus tard, nous avons pris d’assaut nos chambre au chic NH Sotogrande qui au final, je m’en rend bien compte, ce petit bout de l’Espagne est comme la Floride des Anglais, polo, bières, chiens, clôtures en fer forgé automatisées et char avec volants à droites. Les villages ne sont peuplés que de staff d’hôtel et de commerçants pour les vacanciers, du born-and-raise Sotogrande, ça n’existe pas ! L’hôtel était fermé avant qu’on arrive, un minimum d’employés pas trop motivés ont été engagés pour nous faire la vie belle durant le tournage. Rien ne se fait à pied, nous sommes donc prisonniers dans un endroit au style Todo-Incluido 5 étoiles avec vue sur un golf sans fin. Heureusement, il a les voitures et le bon compagnonnage !

Mais c’est pas tout ! Fallait aller travailler ! Déjà 4 semaines sur ce film et les anecdotes nous enterrent vivantes, certains ont appellé ça le « long-court-métrage-en-famille » d’autres ont un plaisir vibratoire et sentent qu’ils font un grand film, certains n’ont que du mal à dire de presque tout, bref, comme je le dis trop souvent, chaque personne sur un tournage fait un film différent même si on est tous embarqués dans le même bateau. Certains partiront avant la fin en claquant la porte, d’autres pleurerons le dernier jour en jurant qu’autant de bonheur accumulé sera désormais impossible. Je me situe dans le milieu, comme toujours, prenant le meilleur de ce qui m’est offert et râlant sur ce que je trouve imbuvable. Je suis balance ascendant balance.

Le mix équipe Française-Québécoise-Espagnol ne se fait pas sans heurts, la barrière langagière nous fout dans de beaux quiproquos ou de franches rigolades, la gang Espagnole est tant qu’à moi, formidable et chez les Bleu-Blanc-Rouge le choc est grand de constater qu’ils ne sont pas si parfaits qu’ils ont tendance à le croire. Nous sommes équipés de producteurs plus gentils et efficaces que tout, d’un premier assistant réalisateur qui aurait pu naitre de l’union de Johnny Halliday et d’Eddy Mitchell qui fait un boulot hors-pair , d’un deuxième assistant à la réalisation Basque qui me fait CRIER  de rire et d’acteurs somme toute , charmants même si parfois assez délinquants pour me faire sacrer !

Le seul hic, le seul point franchement irritant c’est la maudite météo. Non. Je n’utiliserai pas les shorts et les camisoles que j’ai si bien plié dans ma valise. Non. Les bikinis ne seront pas exposés suavement sur le bord de la piscine frigorifique. Non. Je ne bronzerai pas d’autre chose que des mains et de la face ! Je me fais des bizous à moi-même d’avoir apporté ma doudoune et pleins de chandails de laine ! Le vent aussi ! Ça fini par rendre dingo le putain de vent !!!  z’avez remarqué que j’ai dit « putain » , je commence à être infectée par mes cousins Gaulois …

En gros, le plaisir sur une échelle de dix est à 6.5, en espérant qu’à notre retour à Montréal avec le beau temps, les festivals, la bonne bouffe, les tendresses de ceux qu’on aime et une ville qui s’offre à son meilleur aux techniciens et acteurs visiteurs, ça montera en flèche vers un beau dix vaillant et fougueux. Je le souhaite sincèrement.

D’ici là, je n’aurai pas le temps de voir un spectacle de Flamenco, je ne verrai pas Madrid ou Barcelone, j'aurai quand même vu Cadiz un petit peu, je ne mangerai pas les meilleurs tapas du monde et mon Espagnol ne s’améliorera pas. Encore deux semaines et on finit avec un deux jours à Tanger juste en face et un retour en catastrophe dans notre belle ville engrèvée pour encore 6 semaines de labeur. J’irai chez Tapeo si j’ai le motton de l’Espagne … et j’oserai écrire plus d’historiettes Andalouses quand tout sera fini.
Va mos

mercredi 28 mars 2012

Souvenirs hivernaux

En cette jolie matinée grise enroulée dans un voile de neige lourde et humide, me remonte un souvenir, des souvenirs blancs et froids mais si chaleureux que j’ai envie de vous en faire part.


1999, mon Mister fils a 9 ans et vit sa quatrième année d’école comme un long chemin de croix. La seule chose qui le réjouit c’est les arts plastiques. Non … deux choses ! Il y a tout ce qui s’appelle activités parascolaires aussi ! Une en particulier fut mémorable. La confection de biscuits à vendre dans le but de ramasser des fonds pour une fin de semaine à Québec qui se déroulerait comme suit : visite du Parlement et activités hivernales dans une Base de plein air non loin de la Capitale.

La confection de biscuits ? No problemo, Tiku et moi sommes passés maitres dans l’art de la biscuiterie à la chaine et comme c’est l’hiver, j’ai plein de temps puisqu’au chômage pour aller aider à la vente des petites douceurs qui gonfleront les coffres pour l’aventure en vue. Allez hop, trop facile , on s’y met ! Ce que nous fîmes avec succès, en plus de vendre la totalité de notre butin à fort prix dans le but d’aider un peu ceux et celles dont les parents ne participaient pas et qui se mourraient d’aller faire la visite-activité-congé de parents eux aussi ! Un beau pot-luck communiste ! 

Une fois les cookies cuisinés, vendus et mangés, les bénéfices entassés dans un compte de banque, fallait bien y arriver, le jour J se pointait plutôt vite. Par un bel après-midi, tous les parents ont reçu une note de la charmante Julie, prof de 4ème année, qui demandait si certains d’entre nous seraient willing de faire du bénévolat durant l’escapade de 2 jours. Moi, Shirley Première du Québec, complètement ravie, cria à qui voulait bien l’entendre que j’irais avec plaisir, signa le dit papier et faisait une ronde gaillarde dans la cuisine avec mon Tiku qui ne savait pas exactement si il était content ou pas … Sa mère n’est pas tellement comme les autres, aillait-t-elle lui  faire honte ? Pouvais-t-on lire dans ses yeux pleins d’incertitude. 

La nouvelle est tombée comme un couperet aiguisé sur l’enthousiasme de la belle Julie : J’étais le seul parent à avoir répondu par l’affirmative ! Deux classes de 35 Tikus chaque, 2 profs à la tête d’un troupeau de gnous affolés et surexcités lâchés lousses dans les rues pavées du vieux Québec, dans la cafétéria du camp de vacances et dans la plaine enneigée de celui-ci ! Elle était complètement traumatisée !!! Que va-t-il advenir de nous, pauvres professeurs sans défense et sans autorité devant ces clowns en liberté ? C’est ben cute qu’il y ait des moniteurs pour les activités mais rendus au soir, les ablutions de 70 morveux en vacance, la coordinations des chambres, des dodos, la remise à l’ordre de ceux et celles qui vont jaser toute la nuit déranger les plus calmes, ceux qui freake parce que c’est leur première sortie, les somnambules, les chicanes, l’autre qui fait de l’énurésie nocturne, celui qui a oublié son ritalin et  qui saute partout, ma foi, on s’en sortira pas !!! C’était mal connaitre l’Arché-Clown en Chef que j’ai surement été dans une vie antérieure, ça ou Colonel  Américain de la Première Guerre Mondiale, faudrait voir avec une tireuse de cartes … À trois, on devrait y arriver ! ON VA Y ARRIVER ! 

Tout a commencé le matin du départ, je dis tout parce que l’hyper actif TDA avec agressivité avait oublié son rithalin, le suspens était à son paroxysme à 7 heure am, une fois partis avec un lot de bagage comme si on s’en allait escalader le mont Everest pour 6 mois, le groupe duquel je faisais partie avait déjà commencer à se sur-crinquer et c’est là que mon butin de chansons idiotes a fait la job mais il y a une fin à tout et on allait pas recommencer à chanter Trois p’tits chats 25 fois en ligne, les tannants se sont tanné d’être sage et quand j’en ai chicanné un, il a vite dit à son pote à côté, en Créole, « Map chiré elle man ! » C’était ne pas me connaitre que de parler dans la langue de Wyclef en pensant que je n’y pigeait rien ! Je lui ai répondu :-« Se mwen menm ki pral chire ou apa si ou kenbe t'ap rele byen fò !!!! »  La nouvelle a fait le tour du bus en 4 nano-secondes : La Maman d’Émile elle parle créole yo !!! Bref … le statuquo était en place, on ne déconnait pas avec la Shirley ! 

En gros, j’ai fait le chien de troupeau, accompagné à l'hopital un ti-énervé qui s’est planté la face dans un poteau en courant dans la rue, fait taire les indisciplinés dans le Parlement, mouché des nezs, accompagnés aux toilettes, commandé des lunchs, fait des jokes niaiseuses, repousser les troupes dans le bus pour s’en aller au camp de vacance, aidé à enfiler des raquettes aux petites Vietnamiennes, mis des skis, prêté mes mitaines à ceux qui n’en avait pas, pris des photos, distribué des jus, des petits pains chauds, ris allègrement des vantards, aider les  « rejects » , flatter le dos des deux profs complètement dépassées, coordonnées les toilettes des filles, fait des nattes, démêlé des cheveux en fin de bataille avec des tuques, calmé les inquiets, rabroué les insupportables, dormi dans un lit trop petit pour moi, ramené les somnambules dans leurs lits, jappé des ordres militaires au petit matin venu, aidé au ré-empaquetage des valises, hurler de rire avec les moniteurs et donner un coup de pouce au chauffeur d’autobus qui n’en revenait pas du montant de baluchons. 

Retour au bercail après une ride qui ressemblait plus à une fin de tournée de Rock Star, un nombre incalculable de petites bêtes endormies la bouche ouverte, qui oublient  l’espace d’un instant d’être cool  parce que la nuit fut trop agitée, un débarquement en ville auprès d’une cohorte de parents inquiets mais qui malgré tout, en ont profité aussi, un dispatch final des pack-sac et enfin , un retour à la réalité bien mérité. J’ai fait de grandes accolades aux deux maitresses d’école qui n’ont fait que me remercier en essayant d’inventer des nouveaux quantitatifs à mettre à côté du mot MERCI. J’en ai profité pour récupérer le mien de rejeton qui me regardait d’un air contrit puisqu’on ne s’était presque pas vu, lui étant avec l’autre groupe, c’était surement mieux comme ça … On a quand même fait le tour de nos anecdotes une fois attablés devant un bon souper chez nous. Les parents du petit défiguré m’ont téléphoné pour me bénir d’avoir pris soins de leur morveux et m’ont envoyé une bouteille de vin, y’a encore du monde qui savent vivre que je me suis dit ! 

Une semaine plus tard, je reçois un téléphone de la prof Julie qui me demande de passer en classe dès que je le peux. Le jour même j’avais un trou dans mon agenda de chômeuse et je me suis pointée là sans savoir ce qui m’attendait. Les élèves des deux classes avaient fait une carte géante avec pleins de petits mots et de bricolages charmants pour me remercier d’avoir été là avec et pour eux. J’ai braillé comme une Madeleine, l’ai serrée contre mon cœur, je les ai tous bizoutés et depuis ce jour, à chaque grand ménage où je jette mes souvenirs de papiers dans la récup, la carte risque de prendre le bord. Un peu avant le premier Mars, jour de déménagement dans  ce qu’on appelle dorénavant la Maison Blanche (une tite fille de 4 ans qui me l’a sortie celle-là), j’ai mis la carte dans mon grand bac vert. Ça suffisait le ramassis de cossins inutiles ! Le 1er Mars de l’An de grâce 2012 à 6.30 hr am, je me suis garochée dans la rue et j’ai repris mon bien ! IN-CA-PA-BLE de laisser cette montagne d’amour-là dans les rebus !

Elle dort doucement dans une de mes milliers de boîtes de rangement en me ramenant toujours à la loi # 1 de la vie : Un cœur d’enfant c’est gros comme ça et c’est de ça que mes souvenirs hivernaux sont parfumés !




jeudi 8 mars 2012

Quand tout se place

La lumière est douce et soutenue, vue imprenable sur un poteau d’hydro et toutes ses jonctions, une petite plaque noire savamment placée pour ne pas me faire de la lumière toute la nuit, les corridors qui sentent fort le Lestoil, une madame de Gestion qui veut bien répondre à toutes mes questions de nouvelle propriétaire de condo, des planchers doux comme des fesses de bébé. Il fait bon dans mon nouveau palace tout de blanc vêtu …

Le sort semblait pourtant vouloir s’acharner un brin en me rajoutant des obstacles en forme d’intrusion médicale, en tempête de neige le jour J du déménagement, en rencontre forcée avec mes nouveaux voisins du dessous qui se sont retrouvés avec un dégât d’eau causé par la vibration des zambonis sableuses utilisées pour les fesses de bébé mentionné plus haut, en clé spéciale qui reste « djammée » dans la serrure du lobby et en ascenseur bloqué, bref, en moins d’une semaine j’ai fait connaissance avec la moitié du bloc et le concierge et le monsieur ascenseur Otis et la madame folle alcoolique du troisième ! Mais non, je n’ai pas craqué, oh j’ai bien envoyé un petit texto de détresse par un beau 2 Mars mais sans plus. Je me suis plaint sur Facebook à tous mes merveilleux amis réels et virtuels qui m’ont été d’un secours abyssal mais bon … pas de crise de nerfs de fille à boutte. Même avec un coeur en charpie.

Entre le début d’une certaine fin et le recommencement de quelque chose de neuf, il y a eu des adieux, des au revoir et pleins de rebondissements tous plus inattendus les uns que les autres. Y’a pas juste les meubles qui se placent. La vie aussi. Qui prend des tournures belles et réconfortantes, qui se pare de ses plus beaux atours et qui sent le renouveau ! Je suis une des rares blogueuse qui peut se vanter d’avoir tout ce qu’elle souhaite, d’être entourée comme pas une, d’avoir des vœux exaucés, que mes prières sont entendues (au nombre de Dieux que j’implore, ça aurait été weird que pas un seul ne m’entende) et qu’au volet besoin de base, tout est complet ! Je n’aurais pas cru ça il y a quelques semaines honnêtement !

J’avais mis le blâme de mes grandes peines sur le froid, la grisaille, j’avais surement raison puisque tout s’adoucie en même temps que la température, avec le soleil qui inonde mes murs blanc pur, en allégeant les couches de vêtements et en laissant le vent tiède se battre avec mes cheveux longs. Le printemps arrive messieurs dames ! Promis !

Le bonheur aussi !

mardi 21 février 2012

Quand une chanson ...

Quand une chanson et ses paroles vous touchent l'âme, arrive exactement au temps où elle devrait, qu'elle vous lave le cerveau, vous récure les oreilles et vous entoure votre coeur et ben vous l'écoutez en boucle jusqu'à ce que les voisins n'en puisse plus et vous implore d'arrêter ce tintamare harrassant. Et puis, vous l'écoutez encore et encore parce qu'avant tout, elle vous fait du bien !

dimanche 19 février 2012

Du verbe à l’infini

Que veux-je, que peux-je, où cours-je, dans quel état j’ère ?

Dès ce Lundi 20 Février, l’état dans lequel j’ère depuis quelque peu se transformera en typhon doublé d’une tempête pas tropicale du tout mais à tout le moins saccageuse ! Verbe de l’errance, fini !
J’ai des « dates » avec des notaires, je prends possession des clés de mon nouveau nid, je me garoche chez les assureurs, je discutaille avec des gens de service à la clientèle (trouvez le zéro et vous parlerez avec des humains, c’est formidable !), j’envoies tant de E-mails et je fais tant de scans et de photocopies que je me dis qu’une réorientation en secrétariat ne serait pas mal après tout, j’ai quelques aptitudes … Orchestrer une vente de duplex, l’ achat d’un condo,l’empaquetage, le tri, les dons, le camping de dernière minute, un déménagement et un contrat à l’étranger et tout ce que ça compte de « packing » et de  « listing » sans oublier des peintres et un menuisier toute seule tout le temps, et ben ça occupe sa femme en masse ! Verbe en spring pour les trois prochaines semaines … 

À mon retour de ce cadeau du ciel qui me fera débarquer avec une bande de joyeux lurons dans la jolie ville de Malaga, le contrat se continuera jusqu’à la fin Juin et je compte bien en tirer quelques histoires aussi croustillantes et délicieuses que des Tapas parce que pour l’instant, ce blog a des airs de frigo vide qui me désole moi-même. Il est clair que ce carnet en est un d’histoires de job en cinéma et de vie en général mais comme je n’ai pas travaillé depuis Octobre (c’est le fun la vie d’artiste hein ?!?), que je n’ai fait que me tenir la tête hors de la mer de larmes qui m’a engloutie dans les derniers mois et que j’avais déjà juré ne jamais m’épancher sur ma vie privée, pondre des textes, juste de même, honnêtement, je n’ai pas ce talent là ! Du verbe Verbiller je tâcherai de faire bon usage dans les prochaines semaines ! 

Entre-temps, s’activer le corps pour donner un break à l’esprit et à l’âme m’a semblé une solution miracle et j’avais raison là-dessus ! Gym pour courir, Aekuus pour découvrir et escalade pour gravir en groupe se sont greffé à mon agenda pour le plus bel effet sur mon petit corps encore un peu sous le choc de tant de peine à gérer. Le sport sauve des vies, c’est tout ce que j’ai à dire ! Et au risque de sonner redondante, j’ai la face un peu frippée, le cœur qui se patche de ses trous doucement mais un derrière, des bras et des cuisses de béton armé ! Surtout quand je vais m’entrainer fièrement  affublée de mon t-shirt « COUGAR IN TRAINING », cadeau de Noël de moi à moi ! Je suis loin des prouesses de Nadia Comanecci mais au moins on rigole ! Je vous raconte même pas la leçon d’humilité de faire des sauts de grenouille avec une gang dans la vingtaine. C’est officiel ; le ridicule ne tue pas ! Le verbe se remuer est Roi dans cette catégorie. 

Il y a toujours les amis, les enfants des autres, les lunchs de filles, les soirées de danse à saveur Vaudoo qui libère mieux mes « chakras » que n’importe quelle séance de yoga, les siestes réparatrices, quelques tendresses volées au passé pas si lointain , sans attentes, sans espoirs, juste ramasser tout ce qu’on peut prendre de bon et doux, un peu trop de cigarettes, des spontanéités valables seulement parce que j’ai encore un peu de temps devant moi, des moments Mère-Mister Fiss tous plus attendrissants les uns que les autres, des surprises, ma foi, surprenantes et beaucoup beaucoup d’oreilles attentives et de caresses au dos.
Du verbe aimer, je ne l’utiliserai qu’ à l’infini …








samedi 14 janvier 2012

Des bras et des mots

2012.

Fini 2011. Enfin …

Temps des fêtes morne quoique plein de bras et de mots. Ceux de mes proches, si compatissants face à ma tristesse, ceux d’inconnus comme ce garçon dont j’aurais pu être la mère qui n’en voulait qu’à mon petit body qui n’indique pas le bon âge, dans un bar où j’aime danser, à qui j’ai expliqué que c’était charmant de sa part de m’engloutir de jolis compliments mais que mon cœur saignait suite à la perte de l’homme de ma vie. Il a dit qu’il croyait que cet homme était surement victime d’un mauvais sort pour laisser une femme pareille ! Je l’ai pris dans mes bras, lui m’a prise dans les siens et j’ai pleuré … Si fort. Il n’en croyait pas ses yeux mais m’a tout de même tendu une napkin de drink et m’a fait deux bizous sur mes joues noyées. 

Il y a eu les bras et le  giron de Fatoucha, la gentille dame voilée qui nettoie le gym comme si sa vie en dépendait, qui m’a accueillie comme si j’avais 8 mois. Entre deux étirements sur un tapis de yoga, un tsunami de larmes m’a frappé le rivage de l’âme sans avertissement . J’ai caché mes yeux rougis et mon nez comme l’érable au printemps mais les soubresauts de mon dos et de mes épaules n’ont pas échappés à cette Sainte du Windex et de la bonté. Doucement elle s’est approchée et s’est accroupie devant moi et m’a demandé si j’allais. Et ben dis donc … j’ai pas dis oui, comme d’habitude. Je lui ai dit que mon cœur était en miette. Elle m’a prise et m’a serré, m’a bercée un gros dix minute sans rien dire, m’a flatté la tête comme si j’étais sa fille ou sa sœur. Puis calmée, elle m’a tendue un scott towel en s’excusant que c’est tout ce qu’elle avait. En sortant de là, je lui ai fait envoyer des fleurs. 

Il ya eu les mots d’amis virtuels, sans filtres, sans peurs de me blesser, laissés ça et là sur des messageries de Facebook qui m’ont fait plus de bien que les milliers de pensées prémâchées en manger mou que tous ceux et celles qui ne veulent surtout pas entendre qu’on va mal, vous servent à grandes louchées quand vous n’avez rien demandé !  Tout ça part souvent d’une bonne intention mais la spiritualité à la noix dont le peuple en crise se gave pour palier à un bobo qui chauffe là maintenant tout de suite, me fait rudement penser à ceux qui se garochent chez Weight Watcher pour perdre 50 livres mais qui se pitchent chez McDo une fois le poids perdu. Bullshit. Rien n’est changé ! Même si tu me dis que « tu t’en sortiras grandie ». Fuck Off !

Y’a rien que le maudit temps à marde qui fait le mieux son œuvre. Ouais … Il prend son temps, le temps ! 

Puis ,les  bras des petits enfants que j’ai gardé, leurs bizous gratuits, leurs mots inattendus et drôles qui m’ont remis mes sourires dans la face. Les belles missives d’une Belle-Famille qui s’ennuie et qui est déçue du tournant de la vie. Les textos et envoies de photos  d’amies folles qui ont décidé que je rirais que ça me plaise ou non. Les bras de Mister Fiss, grands et forts qui n’aime pas trop voir sa mère en motton. Généreux ! Puissant  antidépresseur !  

Suite à tous ces mots, ces bras, est venu le temps de bouger, de voir plus de potes qu’il ne le faut, commencer à empaqueter , trier, donner, jeter et recycler les choses du quotidien pour arriver dans le nouveau nid tout blanc, tout vaste, la tête et le cœur presque vide. Faire de la place pour l’avenir qui change tous les jours, déjà. Laisser de la place aux surprises, aux inattendus, aux joyeuses stupéfactions et aux annonces réjouissantes comme celle d’un contrat de film en Espagne ou un cours d’exercice et d’entrainement qui me donne enfin le goût d’aller souffrir en groupe. La face frippée, le cœur patché plein de trous mais un body de la MORT ! Et entre-temps, oh stupéfaction, j’ai cessé de pleuré … La peau de mon nez trop mouché s’est régénérée, j’ai abandonné mes deux cuillères au congélo et je n’ai plus besoin de 10 cm d’épais de make-up juste pour aller au dépanneur …

Mon ancien homme me manque même s’il n’est pas avare de nouvelles et qu’il donne signe de vie. J’ai quand même eu l’illumination que l’attente serait ma pire ennemie et que les faux espoirs font le même dommage que les venins de serpents trop colorés. Aller de l’avant sans attendre quoique ce soit. Profiter du moment. Ne jamais se sentir coupable de ne rien faire . Dormir lette, la bouche ouverte. Faire des biscuits et nourrir sa gentille voisine. Recesser de fumer et sauter à la corde à danser dans son salon en écoutant des mix fait par des DJ fous de Montréal, se faire couper les cheveux par une adorable coiffeuse qui fait les meilleurs massages de tête, me faire masser par une Dominique à qui le temps des fêtes n’a pas ammoché l’énergie de ses bras, justement,  jaser centre de yoga avec mon agent d’immeuble et écouter pour les dernières fois , les propos de mes voisins Italiens racistes mais gentils, tout contents de savoir que c’est des Québecois qui ont acheté ma maison … j’vous jure ceux-là, Arabophobes qui me donnent des pots de confitures et me déneigent mon char … C’est un peu tout ça, mon nouveau bonheur timide. 

J’y arriverai, avec tous ces mots, ces bras autours de moi, pour moi … Il y en tant, comme si je venais de naitre ou d’arriver d’un pays en guerre. Je n’ai pas habitué mon monde aux pleurs et aux découragements mais ils savent que c’est pas pour longtemps, j’ai des aptitudes au bonheur et le destin me pousse vers d’autres rivages tous plus intéressants les uns que les autres. Faut juste saisir les occasions, apprécier ce qu’on a déjà, remercier sans fin celui ou celle qui run le show de tout ce qui nous est offert et laisser les mots et les bras nous faire du bien quand ils se présentent, gratuitement, comme des bénévoles du bien-être.
 Merci …

J'en profite pour vous souhaiter une année de santé, de légèreté et de découvertes formidables et vous rapelle la grandeur de mon amour ! En tout temps !






samedi 3 décembre 2011

Devant l’immensité



Devant un choix, ne pas hyper ventiler, ne pas se prendre à vouloir aller trop vite. Des fois que je prendrais la mauvaise décision. Mais que dis-je … Aucune décision n’est mauvaise ! C’est seulement qu’il y a trop d’options et aucunes embuches, zéro empêchement !

‘Savez, pendant que mes amis sortaient de l’école et avaient des activités, je m’occupais de ma soeurette , ensuite, au sortir des Cégeps ils travaillaient pour faire des économies dans le but de voyager. Je recevais des cartes postales pendant que de mon côté, je gérais de la couche pleine de merde, de dents qui poussent, des purées et autres bonheurs de la « parentitude ». Mon voeu, on s’entend, aucuns regrets …

La vie de la Shirley aura été partagée avec de beaux hommes, tous différents, tous là , au bon moment, précieux pour ce qu’ils apportaient, valables pour les leçons apprises, éducatifs sur les erreurs à ne pas refaire, spéciaux dans leur exclusivité, nécessaires dans leurs apports singuliers. Bref, si c’était à refaire, je ne changerais pas grand choses … sauf cette fois-ci. Je ne m’étendrai pas sur ma rupture, ma peine indescriptible, la perte d’un homme hors du commun et la leçon apprise de ne plus jamais croire au « Pour Toujours » même si on y a cru très fort. C’est la fin la plus délicate et distinguée qu’une femme laissée peut souhaiter. Un homme à qui je ne souhaite que du bien même si c’est sans moi.



Mais là où tout change, il y a le temps, qui n’aura pas été un super allié dans cette histoire. Je lui en veux énormément. Si il croit se faire pardonner en s’offrant un peu plus sous forme de vacances forcées, films à l’eau et séparation oblige, je ne sais pas encore si mon cœur sera si clément et miséricordieux face à ses mauvais alignements du passé. Mister Fiss en appartement depuis l’an passé, Monsieur Zamouri (c’est la dernière fois que j’écris ce nom-là) parti faire sa nouvelle vie, la maison fraichement rénovée listée sur MLS prête à passer en d’autres mains, pas d’ouvrage en vue, je me retrouve comme ces Cégepiens dont j’enviais le sort de Globe-Trotter de misère, le cœur si léger, le pied alerte, la tête vide, toute prête à stocker la vie, les découvertes, l’expérience et l’immensité du futur.



Mais je ne sais pas comment faire. J’apprends vite mais pour l’instant, j’ai le vertige. Je n’ai pas mille million de peurs mais celles que j’ai sont tenaces. J’ai du courage et de la résilience en masse mais soudainement me voilà fatiguée. Je suis seule. Oui seule d’amoureux mais encore plus étrange, seule avec Moi seule. Pas de soeurette à gérer , pas d’enfant à protéger et à organiser, pas d’acteurs et d’actrices à tripoter, pas d’amis qui vivent la même chose côté temps à remplir ayant encore tous des enfants, pas d’équipe à coordonner, bref … J’ai du temps et je n’ai aucune idée comment je le remplirai dans les mois à venir. J’ai bien deux ou trois trucs à régler, me trouver un toit, passer beaucoup de temps avec des banquiers, des agents et des notaires, mais en dehors des tracasseries et des formalités beiges et assommantes, rien à part faire des choix pour la nouvelle étape de ma destinée et apprivoiser l’étendue du vide laissé par l’Amour de ma vie.



J’ai pourtant une quantité astronomiques de rêves et d’envies mis de côté que je n’aurai jamais eu le temps de réaliser faute de temps ou par manque d’argent. Devant moi, le monde et ses infinies découvertes, sont là prêts à prendre, offerts. Mais bien sûr, aller user mes tatanes en pays étranger seule avec moi-même c’est pas trop mon genre tout en étant la première à cracher sur les voyages de groupes, mais un petit comité aussi content que moi et aussi libre ferait l’affaire. Me semble que ce doit être nul de s’extasier sur un temple bouddhiste en Thailande toute seule dans la rue. Ceci dit je connais plein de femelles qui ont tenté l’aventure et en sont revenues toutes changées et souvent pour le mieux. Mais je suis un être de partage. C’est plus fort que moi. Du genre à (presque) tout donné sans attente de quoi que ce soit en retour.



J’ai en tête des milliers de cours variés, une fin de semaine à New-York, des envies de me trouver un poste de chef vegan-cru dans une destination soleil, pousser mon corps à faire des choses contre-nature (on parle sport ici bien sur …), continuer à faire ce que j’aime soit mon métier, cuisiner, bloguer, danser, voir les amis et la famille, mais aussi découvrir et accepter.

Accepter.

Accepter et comprendre. Aller de l’avant en jetant un regard plein de gratitude pour le passé. Accepter et comprendre qu’il reste des billions de choses à faire et de gens à rencontrer. Mon confort est pourtant doux et rassurant et me sortir de mes zones de confort, justement, ne me fait pas peur mais y’a toujours la lassitude des combattantes qui me guette. La salope ! Elle est là, toujours en permanence parce que je me suis relevées les manches plus souvent qu’à mon tour et y’a de ces jours où je me coucherais pour une saison complète dans mon grand lit douillet pour ne plus en sortir. L’année 2011 aura été harassante voir même abrutissante de défis personnels à surmonter. Là … Matante Shirley est fatiguée. Devoir quitter mon quartier me crève le cœur et m’alourdie le pas, plus de Joe au dépanneur du coin pour jaser des heures, plus de John le Player chez Roberto qui me cruise devant mon chum, plus de coiffeuse octogénaire qui me lave les cheveux en me foutant son immense poitrail au visage, plus de voisinage avec ma famille si facile d’accès, le marché Jean-Talon sera dorénavant une expédition organisée au quart de tour, plus de locataire formidable qui partage ses biscuits décadents, tant de petites et grandes ondes suite au lancement de la grosse roche dans l’eau calme de ma vie … je vous épargnerai la liste larmoyantes des manques infinis engendrés par la perte de l’homme que je ne sais pas comment arrêter d’aimer …



Devant l’immensité, il y a les choix. Mais mon initiation à la vacuité du temps et l’affinage de mon savoir du bonheur sera grand puisque sans l’apport d’autres et évidement, sans l’épaulement d’une personne qui vous complète et vous soutient dans les éventails de propositions que le cosmos vous envoie. Que la solitude ne se transforme pas en isolement. Que prendre son temps ne devienne pas hésitation. Que de devenir exigeante ne me rende pas acariâtre. Ne pas perdre ma belle immaturité qui me sert bien pourtant. Travailler fort dans les coins pour ne pas avoir l’air d’une cougar qui refuse de vieillir par peur de se retrouver pathétiquement seule. Ne jamais cesser de danser de peur de passer pour la cougar mentionnée ici. Laisser aller ce passé qui m’était si cher, que je voyais si riche et accueillir à bras ouverts ce qui me pend au bout de mon grand nez. Retrouver mon pas sautillant plein d’allant, mon gros rire gras zéro féminin, ma facilité à la vie et mon talent infini au christie de bonheur !



Mais là … me lancer du haut d’un grand ravin avec un suit d’écureuil avec le meilleur parachute sachant très bien que je ne m’écraserai jamais me prend quand même une dose de courage que je crois avoir emmagasiné au cours des dernières années mais que je ne sais pas comment utiliser à bon escient.

Faut juste se lancer …

Ai-je bien le choix ? Y’a un feu de forêt derrière moi …

mercredi 2 novembre 2011

Pause Blog forcée

C'est le coeur en miette que je me donne une pause.

Je n'ai rien de bon à raconter puisque tout sort en larmes et hoquet.
 La fin d'une belle histoire sur laquelle mes écrits n'ont aucun contrôle.
 Rien que je n'y puisse ...
Thanks for the ride Zamouri !





mercredi 26 octobre 2011

Les super héros n'aiment pas l'hiver ?



Le froid s’installe dans les productions cinématographiques.

Pas un mais bien deux films ont « tiré la plogue » comme on dit si bien chez nous dans le singulier monde du cinérama ! Ça engageait pas mal de monde compétents qui se retrouvent le bec à l’eau et surtout avec un manque à gagner puisque certains n’ont carrément pas été payés pour les deux dernières semaines dument travaillées !

 Pire ! Certaines personnes ont la mauvaise manie « de défrayer » du cash pour faire avancer le processus de production de costumes et pour avoir du stock sous la main durant les essayages et de se redonner leur dû lors du remboursement de petite caisse par la comptabilité. C’est pas une bonne idée. En fait c’est la pire idée qui soit ! Imaginez- vous donc que mes confrères et consoeurs devront aller se faire remettre leurs kopeks en rapportant les vêtements et accessoires achetés et ce, sans être sur un payroll, donc à leur frais ! Et dans le lot, y'a surement un paquet d'items non remboursables !

C’est révoltant ! Le syndicat a les manches relevées et s’occupe tant comme autant à ce que tout le monde ne soit pas en reste mais tout de même ! 2 productions back à back ! Je m’imagine que Monsieur « Pas-du-tout » Trudel doit se ronger les ongles … ou pas … Y’en a un autre de gros de tournage qui s’en vient et les studios de son mégaplex sont loués jusqu’à la moitié de 2012 de façon assurée. Reste que , les payes des techniciens sont dans le néant, les remboursements de frais de téléphonie dans la bouette, les cessations d’emploi ne se déploient pas et tout le monde se retrouverais , même avec le dit papier dans les mains demain matin, sans entrées d’argent pour minimum 5 semaines … Je ne veux même pas y penser …

Donc, Monsieur Diesel et sa productrice de sœur n’ont pas l’argent qu’ils pensaient avoir.
C’est fort ! C’est grand ! C’est musclé !

Ou bien ils on eut peur de la météo à venir ? Ils ont quand même engagé des gens bien, acheté des décors de l’autre film d’avant, fait préparer le terrain pour la location de roulottes, de voitures, de locaux pour les gens de tous les départements, ont fait faire des devis auxquels ils ont dit OUI, JE LE VEUX, ont fait des castings, bref , tout y était pour un beau et franc succès ! Que s’est-il passé ?

Personne ne le sait encore, ça finira par se savoir, c’est un petit monde.

En attendant, je veux pas entendre une seule personne me dire que le cinéma c’est glamour.
Rien n'est plus insécure que ce tourbillon de poudre aux yeux et de promesses, parfois, en l'air !

Vin il est passé dans le camp des vilains, ce n’est plus un super héros.
Pas à Montréal en tout cas …

MAJ : Le super héros a fait un come back surprenant !!! Il est allé cherché les sous manquants et il est revenu à la case départ pour enfin faire son film !!! Retour dans le camps des bons avec une leçon d'humilité et de loyauté ici !!! Bravo !!!